jeudi 28 mars 2013

Ma rencontre avec les FAMUNI et ma réponse à feministeoupas

Voir le tumblr

J'ai rendez-vous à 18h sous la statue de Jeanne d'arc.
J'arrive vers 17h40, je ne voulais surtout pas avoir du retard.
Je regarde les personnes qui passent devant moi. Et je me demande à chaque femme, est-ce une féministe?

Je me suis surprise à avoir un avis : oui, elle pourrait être une féministe.
Oulaaaa non, certainement pas.

Comme si le féminisme avait un code, un style, une norme.
Comme si le fait d'être féministe était écrit sur notre front.

Faux, totalement faux.

Je vois une femme qui se met à attendre à côté de moi.
Je me dis que ça doit être une des femmes que j'attends.
Elle sort son téléphone : "mais tu es où chouchou?"
Ah non, elle a le même point de rendez-vous, mais pas avec la même personne!

Aux alentours de 18h, je vois une autre femme qui attend.
Au bout de 5 minutes de doute, elle s'approche de moi :
"Vous êtes Agathe?"
ça y est, je suis face à une consœur.

Le courant passe très vite entre nous deux.
Je lui rappelle que je suis Madame REVENDIQUE.
Elle me dit qu'elle est la FAMUNI qui a escaladé la statue de Jeanne d'Arc.
Je suis en totale admiration.

Nous parlons de cette action, du 08 mars.
FAMUNI n'était qu'un slogan, il est devenu le nom du groupe.

Elle me parle des différentes actions qu'elles ont déjà faites, avec d'autres féministes, avec d'autres moyens de communication.

Elle me parle de ses ressentis sur les actions, j'ai l'impression d'y être.

Une autre activiste arrive dans notre conversation, nous allons boire un verre. Je suis excitée d'entendre les futures actions, de les entendre parler de ce qu'elles ont déjà fait, de leurs anecdotes, etc.

Puis nous nous dirigeons vers l'ABC, là où sera projeté le documentaire sur la militante Audrey Lorde. Nous réfléchissons sur le moment où l'on a pu se dire que l'on est devenu féministe.


J'ai expliqué que lorsque j'avais 6-7 ans, je disais déjà à mes parents : "tu ne décides pas pour ma vie!".  


Nous en venons à parler du regard des autres.
L'épilation, les cheveux à la garçonne, le maquillage, ...
Une vraie discussion de "filles" version féministe.
Forcément, c'est un peu moins glamour.

On en conclut que "le féminisme, ça nous bouffe".
Et c'est vrai.

Voir le tumblr

J'en profite également pour parler du commentaire de feministeoupas qui a commenté l'article sur le système patriarcal du Code civil.

Elle a réussi à attirer mon attention, en suivant mon tumblr, d'abord sous le nom de pasfeministe (qui est un tumblr vide) mais qui donne un lien vers feministeoupas.

C'est une personne anti-féministe. Et nos tumblr s'opposent sur chaque post.

Voici son commentaire :

Alors tout d'abord,
Salut bis!

Ravie de savoir que tu lis mes articles, surement que tu cherches de l'inspiration pour casser du sucre sur le dos des féministes?
Peu importe, je suis ouverte à toutes les critiques, c'est pour ça que je te réponds ici.

Comme tu me l'as dit : faut-il être féministe pour être contre les violences faites aux femmes?
J'aimerais savoir quelle est ta définition du féminisme.

En attendant, je te réponds :

La soumission est le fait d'accepter le pouvoir de l'autre sur soi, et par conséquent d'obéir.
Se soumettre à quelqu'un te donne donc une position inférieure à cette personne puisque tu lui obéis.

S'il y a soumission, il y a domination.

Se soumettre, oui.
Je me soumets aux instructions de ma chargé de TD, je me soumets aux ordres de ma mère (et encore!), ...

C'est un système hiérarchique, il y a soumission, il y a domination.

Mais qu'en est-il du système patriarcal? Celui où l'homme est le chef (blurp).

Pourquoi accepter cette domination masculine?
Pourquoi se rabaisser à un statut de femme?
D'où aurait-il sa place de dominant?
Pourquoi se soumettre?
Pourquoi être dominée?
Quel est sa légitimité?

Je te retourne ces questions, feministeoupas.

Moi, je ne me soumets pas, et je ne me soumettrai pas à un homme parce que le système l'institue.
Il n'y a aucun fondement, aucun motif, aucune légitimité.

Peut-être est-il plus confortable de ne faire qu'obéir, et de décharger sa responsabilité en se positionnant comme une soumise.
J'ignore!
Peut-être que le livre "Femmes de droite", d'Andrea Dworkin, pourrait répondre à ma question.
(Je précise qu'il ne faut pas faire d'amalgame : être une féministe, ne signifie pas forcément que l'on est une femme de gauche. Le féminisme va bien au-delà du clivage gauche/droite).

N'y a-t-il pas une infériorité de la personne soumise à la personne dominante?
Si je domine, et que tu es soumise, qui est inférieure à l'autre?
Est-ce qu'on peut parler d'un rapport d'égalité?
Certainement pas.

Je me soumets, je ne fais qu'obéir, je suis inférieure.
C'est presque mathématique.

Concernant la "soumission dans l'amour", ou plutôt se soumettre par amour?

Accepter de se soumettre par amour, jusqu'où? Où en serait la limite?

J'ai toujours pensé que l'amour rendait bête et aveugle.
(Et moi la première!)

J'ai déjà accepté des choses, parce que je l'aimais.
Je me suis déjà soumise, parce que je l'aimais.
Il a déjà accepté des choses, parce qu'il m'aimait.
Il s'est déjà soumis, parce qu'il m'aimait.

Mais est-ce la plus grande preuve d'amour, de se soumettre à quelqu'un sans broncher?
Obéir alors qu'on n'est pas forcément consentant-e?

Peut-être que pour certaines femmes, certains hommes, c'est une preuve d'amour.

Pour moi, non.
Je ne veux pas être la soumise, je ne veux pas être la dominatrice.

En amour, il n'y a pas de rapport de hiérarchie, il n'y a pas de rapport de force, l'homme ne domine pas la femme par amour, la femme ne se soumet pas par amour.

Les deux, homme et femme, femme et femme, homme et homme, ont des sentiments envers l'autre. Est-ce qu'on souhaite que sa/son partenaire obéisse à nos ordres?

Ce n'est pas ma vision de l'amour.

Madame REVENDIQUE sur Facebook et sur Twitter 

4 commentaires:

  1. Merci pour cet article ! Moi aussi je vais donner mon point de vue sur le féminisme. Pour moi, j'utilise ce mouvement pour exprimer le fait que la parité et l'égalité entre homme/femme peut exister. Et que la femme doit être considérée comme un être humain et pas une espèce inférieure à l'homme.
    En gros, je considère que le sexisme c'est du racisme déguisé et que je trouve intolérable de subir du racisme dans son propre pays...
    J'utilise ce mouvement pour me battre contre cette intolérance, surtout dans le monde industriel. J'ai été moins payé que mes collègues et on m'a dit des choses qui n'auraient jamais été dites à un collègue masculin... Bref, je ne vois pas comment lutter autrement qu'à travers le féminisme.

    RépondreSupprimer
  2. Merci pour cette article, mais cependant ...
    Madame Revendique, êtes vous omnivore ?
    Car, si cela est le cas, il voudrait dire que vous êtes CONTRE un système de domination homme/femme, mais POUR un système de domination animaux/humains.
    Expliquez moi alors, ou ce trouve la différence ?
    J'ose espérer vous apprendre végétarienne, voire végétalienne.
    Bien a vous,
    A.N

    RépondreSupprimer
  3. Salut !

    Déjà merci de ta réponse. Je n'en attendais pas tant ;)
    Je voudrai tous d'abord mettre les choses au clair : Je ne suis pas anti-feministe mais anti-feminisme. Je respecte les personnes, je m'oppose juste à l'idéologie du féminisme. Et mon commentaire n'était pas une critique, c'était juste des questions que je me suis posé en lisant ton article. J'ai eu l'impression en effet qu'on ne mettait pas la même chose derrière le mot soumission. Et ta réponse me conforte dans ce que je pensais : pour toi soumission est profondément péjoratif et rabaissant pour la femme (« position inférieur » « rabaisser »). Ce n'est pas du tout ma vision. Une soumission dans le couple ne veut pas dire une infériorité de valeur ou de dignité, mais plutôt un acte d'acceptation d'ordre et de rôle. J'ai parfois l'impression que les féministes voient leur statut de femme (vis a vis des hommes) inégalitaire quant à la nature, et donc essaient de tous faire comme les hommes pour prouver qu'elles ont de la valeur. Mais la valeur d'une personne ne vient pas de l'autorité qu'elle peut exercer, malgré ce que la société veut nous faire croire. Voilà pourquoi je n'ai aucun soucis avec la notion de soumission.

    Comme tu l'as dis nos avis s'opposent et cela vient du fait que nous n'avons pas la même vision du monde ni le même regard sur notre statut de femme.

    Et pour répondre à ta première question, pour moi le féminisme est une idéologie, nourrit par un égalitarisme primaire, qui a pour haine première l'homme dit « dominant » ainsi que la famille, et a pour but l’indifférenciation des hommes et des femmes.

    Au plaisir de discuter

    RépondreSupprimer
  4. Salut ! Je ne savais pas comment répondre sur ton tumblr, du coup je répond ici.
    C'est sympa d'avoir pris le temps de répondre à mon commentaire.
    Je vais essayer moi aussi de répondre à ta réponse;)

    Tu dis que je suis conditionnée à penser que les femmes sont inférieures aux hommes. Mais nulle part je n'ai dit dans mon commentaire que les femmes étaient inférieures aux hommes, pour la simple et bonne réponse que je ne le pense pas !
    Je me suis peut-être mal exprimé. Quand je parlais d'ordre, cela ne voulait pas dire au sens hiérarchie de valeur, mais dans le sens d'ordonné, d'ordonnancement.

    Ce que tu dis à propos des esclaves noirs est intéressant, je retrouve bien là l'esprit du féminisme. Cette idée que les femmes sont tellement persécutées (par la société, par les hommes, par le « système ») qu'elles en deviennent elles-mêmes, à leur insu, bourreaux de leur propre sexe.
    Qu'il y ait des femmes victimes (de machisme, violence etc.) oui. Mais que les femmes, au sens global du terme, soient des victimes ? Non. Pas en France en tout cas.
    Mais toute idéologie passe par le victimisation d'une partie de la société pour propager et faire accepter ses idées. Ce fut le cas dans l'Histoire par exemple avec le communisme et aujourd'hui c'est ce qui se passe notamment avec le féminisme. On victimise les femmes pour qu'elles se rebellent contre tout et n'importe quoi et on essaie de culpabiliser les hommes, la société et même l'Histoire pour qu'ils fassent acte de repentance.

    Et pour répondre à votre affirmation : « Autre chose, je ne comprends pas ce qu'il y a de gênant pour vous dans l'indifférenciation entre un homme et une femme. ». Ce qui me gène c'est tout simplement que ça va l'encontre de la réalité. Malgré la volonté de certain(e)s, les hommes et les femmes sont différents. Et heureusement d'ailleurs !

    Au plaisir de discuter

    RépondreSupprimer